Planification Urbaine et Energie-Environnement
Pourquoi faut-il réfléchir à la fonction de l’urbanisme ?
Il faut réfléchir au rôle de l’urbanisme en tant que moyen de mise en cohérence des composantes d’un territoire dans une vision à long terme.
Les parties du texte citées entre guillemets sont des extraits du livre "Pour un nouvel urbanisme" de D. Clerc, C ; Chalon, G. Magnin, H. Vouillot (2008)
« A lui tout seul, l’urbanisme est évidemment incapable de permettre de diviser par quatre l’émission de gaz à effet de serre d’ici 2050. Ce n’est donc évidemment pas l’urbanisme seul qui sauvera notre planète, confrontée aujourd’hui à de redoutables défis environnementaux et énergétiques. Mais sans action sur l’urbanisme, à l’inverse, on est certain de ne pas y arriver. Tout simplement parce que les aires urbaines, uniquement pour les déplacements et le chauffage de leurs habitants, sont à l’origine d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre.
Aussi, pour y parvenir, il nous faut impérativement orienter les choix locaux d’urbanisme de sorte qu’ils participent du respect des contraintes énergétiques et climatiques. Du point de vue de l’urbanisme, cela constitue une donnée absolument nouvelle, à laquelle les acteurs traditionnels ne sont guère habitués, puisqu’elle déborde largement le champ du territoire sur lesquels ils agissent. Le local doit tenir compte du global et, en retour, le global a besoin du local pour atteindre ses objectifs.
L’urbanisme est la clé de voûte de l’organisation urbaine et périurbaine. Car il permet de mettre en cohérence, sur le long terme, ce qui compose un territoire : l’habitat, les commerces, les activités tertiaires et industrielles, les réseaux, la mobilité, les voies urbaines, les modes de transport, etc. Les choix d’urbanisme qui sont faits ici et là, ont, par leur nombre impressionnant sur tous les continents, des répercussions qui se font sentir très au-delà des territoires locaux concernés, et souvent très loin du lieu où ils s’appliquent. Selon qu’ils sont plus ou moins énergétivores, nos choix d’urbanisme, influent dans un sens ou dans un autre sur les ressources énergétiques mondiales, donc sur les tensions internationales, les prix, l’accès aux ressources, le réchauffement climatique, les migrations et les accidents climatiques, … Du coup, l’urbanisme n’est plus seulement le lieu de la synthèse et de la cohérence du bâti urbain, il devient aussi un des facteurs clés du changement climatique et de l’approvisionnement énergétique. Comment prendre en compte la dimension « changement climatique » dans l’urbanisme ? On peut veiller à adapter la ville à la probable élévation du niveau des températures moyennes. On peut aussi chercher à la prévenir. Ces deux problématiques, loin d’être antithétiques, sont largement complémentaires. »
Quels principes directeurs une planification urbaine plus durable doit-elle viser ?
A travers les fiches de bonnes pratiques et une réflexion plus générale, il est possible d’identifier les principes directeurs qu’une autorité locale devrait suivre si elle veut planifier son territoire de manière plus durable du point de vue du climat, de l’énergie et de l’environnement. Ces principes sont les suivants :
1. Limiter et maîtriser l’étalement urbain, promouvoir la densité
On souhaite limiter l’étalement urbain qui a produit des conséquences négatives sur l’environnement urbain et promouvoir une forme urbaine qui privilégie la densité.
2. Limiter l’utilisation du trafic individuel motorisé

Il est nécessaire de garantir l’accessibilité pour tous aux différentes zones de la ville et parallèlement de se libérer de la dépendance à la voiture. On veut garantir l’accessibilité aux services publics pour tous. Il est par exemple important de promouvoir les mobilités douces (vélo, marche) pour limiter la pollution, faciliter la liberté de mouvement et accroître le bien-être des habitants.
3. Réorganiser la ville de telle sorte que la grande majorité des déplacements s’y effectuent dans l’espace de proximité Si le développement de bons réseaux de transports publics et la diffusion de la voiture privée ont rendu accessible les différentes zones urbaines et extra urbaines, il a en même temps contribué à l’allongement des distances. Les déplacements sont parmi les plus importants facteurs de pollution urbaine. Il convient donc de les minimiser pour limiter ce problème.
4. Promouvoir la mixité des fonctions urbaines et sociale La mixité des fonctions urbaines est à privilégier car elle permet, entre autres, de minimiser les déplacements. La mixité sociale est un indicateur de bonne coexistence entre différents groupes de citoyens et d’harmonie.
5. Promouvoir un type de développement urbain multipolaire et polycentrique Il est important de promouvoir des formes du développement urbain multipolaire et polycentrique. On pourrait permettre ainsi la création de centres secondaires et éviter l’établissement d’une hiérarchie centre-banlieue. Tous les citoyens doivent pouvoir avoir accès aux services.
6. Promouvoir la participation citoyenne Il faut inciter la participation de tous les citadins pour que les politiques soient vraiment élaborées dans leurs intérêts et soient donc mieux appropriées et acceptées.
7. Agir à l’échelle de l’agglomération L’expérience de certaines agglomérations (dénommées parfois « région ») montre que prendre des mesures à l’échelle de l’agglomération pourrait contribuer à une meilleure réussite des politiques.
8. Construire des bâtiments neufs et rénover les bâtiments existants selon un standard « haute performance énergétique »

Un des éléments clé d’un urbanisme durable est la généralisation des bâtiments à haute performance énergétique.
9. Adopter le principe de subsidiarité dans les politiques urbaines Le principe de subsidiarité se révèle être essentiel pour l’organisation de politiques urbaines efficaces.
10. Conserver et améliorer les espaces verts en ville et les espaces ruraux
Les administrations de la ville doivent s’engager dans le maintien et le développement du vert urbain.
11. Se lancer dans des projets de requalification urbaine et de rénovation La requalification/rénovation urbaine doit être conçue comme une façon d’améliorer les zones « dégradées » de la ville.
12. Promouvoir des circuits courts de production/consommation Pour un environnement urbain de qualité du point de vue économique et environnementale, il faut concevoir des systèmes durables de production, distribution et consommation des biens et services (dont produits alimentaires).
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