Peut-être que cela provient des milliers d’années d’histoire, de philosophie, et d’étimologie en Grèce et particulièrement à Athènes ou des différentes crises climatiques et économiques de ces dernières années. Le fait est que réunir les personnes ensemble devient un incontestable facteur de succès et c’est ce que ces deux projets d’Athènes illustrent.
Le premier a été capable de rassembler une quinzaine d’acteurs autour de la table pour définir d’une vision commune, le deuxième a placé les habitants au coeur du projet de rénovation de leur bâtiment.
Sympraxis est un mot issu du grec ancien qui signifie « travailler ensemble dans la pratique ».
Giorgos Sachinis, Directeur de la stratégie et de l’innovation à EYDAP (compagnie des eaux d’Athènes) a su capter directement l’attention de l’assemblée en quelques mots « les problèmes d’eaux ne peuvent pas être résolus par une seule institution » et « il faut transformer les utilisateurs en partenaires » !


Alors que les ressources en eau de la région sont soumises à une forte pression, l’Attica Water Lab a été créé pour réunir des parties prenantes variées, notamment les pouvoirs publics, le secteur industriel, des associations, les services de gestion de l’eau et de l’assainissement, des universités ainsi que la société civile. C’est précisément cela, la « sympraxis » !
Les objectifs du Living Lab sont de soutenir la rédaction du Plan directeur de réutilisation de l’eau et sa mise en œuvre dans le cas complexe et difficile du bassin de l’Attique.
Principaux objectifs et innovation
L’innovation dans le cadre de ce projet est aussi la notion de codesign, de comanagement qui est un long processus car ce plan et cette vision pour un réseau d’eau non potable ne sont pas la vision d’un seul partenaire, d’une seule institution, mais une vision à laquelle tous les acteurs s’engagent et collaborent dans sa conception et sa mise en œuvre.
La technologie et l’innovation ne sont pas suffisantes, il faut s’assurer que tous les acteurs participent à l’élaboration de la vision, et que tous acteurs s’emparent et s’investissent sur le projet et c’est là quand chaque utilisateur devient partenaire que le projet réussit.
Le projet Tavros est situé dans la municipalité de Moschato-Tavros à Athènes. Il s’agit de la rénovation d’une maison sociale multifamiliale standard, en atteignant de meilleures conditions de confort thermique en minimisant la demande de chauffage et de climatisation de 90%.
Mais pas seulement ! Ce projet, mené par Hellenic Passive House Institute, des bénévoles de Passivistas, en collaboration avec la municipalité, intègre dès le départ les résident·es, les entreprises, les décideurs politiques, les associations du quartier.
Solutions innovantes et prix abordable
Avec les énergies renouvelables installées, la production d’énergie du bâtiment dépassera la consommation et le bâtiment deviendra un bâtiment à énergie positive éliminant pratiquement son empreinte carbone.
Des solutions innovantes ont été utilisées comme l’isolation biosourcée, le triple vitrage, un système de ventilation à récupération de chaleur qui apporte du froid l’été et du chaud l’hiver … Toutes ces technologies, ces matériaux garantissent aux ménages vulnérables l’accès à des logements de haute qualité et économes en énergies ainsi que des prix de l’énergie stable et des factures d’énergies quasiment nulles pour les résident·es.
Porte-à-porte et maquette
Pour Ilektra Mancini, architecte, un des points importants au départ a été une maquette et la démarche de porte-à-porte.
Ces deux éléments ont été nécessaires pour expliquer aux résident·es le projet, les impacts de cette rénovation sur leur logement et également leur vie ainsi que leur implication pour la mise en place du laboratoire vivant.


Une vitrine pour l’avenir
Le bâtiment ne pas fait seulement l’objet d’une rénovation, il devient aussi une expérience humaine et a été conçu comme un laboratoire vivant pour la formation et l’éducation pendant les 5 prochaines années.
Avec le consentement des résident·es, des visites éducatives et des démonstrations seront organisées tout au long du processus de rénovation et de l’exploitation pour différents acteurs : étudiants, ingénieurs, artisans et le grand public, dans le but de faire connaître et d’inspirer des projets similaires à travers toute la Grèce.
A ce sujet, Athènes souhaite mettre en place un plan de réplication dans le quartier, donnant au bâtiment le statut de modèle de transition urbaine durable.
Imaginez si les 250 bâtiments du quartier pouvaient bénéficier d’une telle réplicabilité ?
Des milliers de foyers pourraient bénéficier de meilleures conditions de vie et de coûts énergétiques moindres.
Les deux projets démontrent que la transition vers la neutralité climatique ne repose pas uniquement sur la technologie : elle dépend de la collaboration, de la participation citoyenne, d’une responsabilité partagée et de solutions qui améliorent la qualité de vie des citoyen·nes.

“Reconstruire des lieux habitables“ sera le thème du prochain forum annuel d’Energy Cities qui se tiendra en avril … à Athènes, la boucle est bouclée !
Pour plus d’information sur ces deux projets, visitez le site web du projet EUREKA pour découvrir d’autres bonnes pratiques et inscrivez-vous à la newsletter!