Francfort rénove les copropriétés en connectant offre et demande

Rôle clé joué par la ville pour associer les propriétaires de copropriétés et le secteur de la construction afin de promouvoir les améliorations énergétiques


C’est un outil tout simple, mais qui fait des miracles face au défi que représente la rénovation des copropriétés à Francfort. L’idée était de créer un annuaire des entreprises du bâtiment et des conseillers en énergie ayant déjà une expérience de la rénovation de copropriétés afin d’aider les syndics de copropriété à lancer les travaux.

Mais avant de proposer cet annuaire, il a fallu passer par plusieurs étapes.

Comprendre le marché

« Au début, nous ne savions pas grand-chose en matière de rénovation de copropriétés, mais pas seulement nous : les propriétaires, entreprises du bâtiment et autres parties prenantes également. Le constat était qu’il n’y avait pas de marché pour la rénovation des copropriétés » se souvient Jonas Geissler, de la Ville de Francfort.

La Ville de Francfort a entrepris d’analyser le marché, de sensibiliser au potentiel que représente la rénovation des copropriétés, et plus important encore, de connecter la demande à l’offre, à savoir les copropriétaires et les entreprises pouvant faire les travaux.

« Il est important de déterminer quels sont les principaux obstacles et de comprendre le rôle que peut jouer la municipalité. Nous avons décidé à la fois de nous intéresser aux conseils en matière d’énergie et d’étudier les processus que suivent les copropriétés (en cas de rénovation). Le but était en effet de montrer aux entreprises du secteur le potentiel de ce marché » ajoute-t-il.  

Construire la confiance

L’un de ces obstacles était que les entreprises voyaient les rénovations de copropriétés comme un marché compliqué, avec peu de débouchés, tandis que les copropriétaires n’avaient pas une idée très claire des travaux qui pouvaient être faits, ni de comment planifier une rénovation.

« Notre rôle en tant que municipalité a été de sensibiliser les entreprises au potentiel que représente ce marché, et de donner aux copropriétaires le sentiment que c’était là un sujet important pour la municipalité. Les entreprises sont désormais plus réceptives à rencontrer des copropriétaires et sont confiantes dans la possibilité que ces discussions puissent déboucher sur des commandes ».

« A Francfort, la première étape a consisté à mieux connaître notre groupe cible et à trouver le moyen de l’atteindre. Nous savions à peu près combien de copropriétés il y avait, et quelle était leur taille, mais c’était à peu près tout. Nous n’avions aucune idée de la manière de les atteindre. Les syndics jouent un rôle très important dans la communication (et ont été un de nos principaux publics cibles).

C’est ainsi que nous avons commencé à rassembler des informations pour créer un annuaire. (Mais) obtenir l’engagement des groupes cibles et établir des voies de communication avec eux n’a pas été chose aisée.

Les syndics se sont tout d’abord montrés réticents et posaient des questions « Que prévoit la ville de Francfort ? Une réglementation sera-t-elle imposée ? » Mais après une ou deux réunions, nous avons pu établir de très bonnes relations. Ils ont beaucoup apprécié notre implication. Les propriétaires n’en revenaient pas qu’un service de conseil en énergie et qu’un accompagnement gratuits puissent être proposés » continue Geissler.

Quelques conseils en matière de communication

« Il faut prendre contact avec et s’attacher à mieux comprendre les groupes cibles : syndicats de copropriétaires, syndics et entreprises du bâtiment. Il faut faire beaucoup de sensibilisation. Nous avons dû convaincre les personnes que nous avions de bonnes offres de conseillers en énergie pour les copropriétés mais nous avons eu beaucoup de mal à susciter leur intérêt. »

Il est également important de veiller à ce que votre communication ait un solide fondement juridique.

« Il y a eu beaucoup de questions auxquelles il était difficile de répondre du fait des nombreuses lois qui s’appliquent, comme les lois sur la copropriété, celles sur les économies d’énergie, et qui en plus ont tendance à changer.

C’est pourquoi il est impératif de bien connaître le cadre juridique et pouvoir consulter un expert en la matière. »

« Faire de la publicité dans la ville est la meilleure option, voire au niveau de la région, sur les bus et dans le journal local. Le public ciblé est plutôt âgé et pas très motivé. Le bouche à oreille reste le moyen le plus efficace. »

La patience est d’or

Il est important de comprendre la temporalité. Les syndics et les copropriétaires se réunissent en général une fois par an, donc il faut au moins deux ans avant qu’une décision d’entreprendre des travaux de rénovation ne soit prise. Cela prend du temps et demande des efforts.

Il est également essentiel de s’engager sur le long terme. Ce n’est pas un sujet sur lequel vous pouvez travailler dur pendant un an et puis laisser tomber. Il vaut mieux engager moins de ressources mais sur un temps plus long que disposer de ressources importantes mais sur un laps de temps plus court.

L’annuaire

« Cet annuaire a pour but d’ouvrir la voie. Nous avons demandé aux syndics et aux conseillers en énergie de définir les critères à intégrer dans l’annuaire. Un des défis rencontrés est qu’il n’y a pas de formation ni de certification spécifique et que les compétences des uns et de autres sont très variées. »

Un autre défi est que la ville ne peut pas subjectivement recommander telle ou telle entreprise plutôt qu’une autre et il a donc fallu définir une liste de critères objectifs permettant à une entreprise de figurer dans l’annuaire.

Premier critère  – Les entreprises doivent être répertoriées dans la base de données fédérale. Cette information est aisément accessible et la base de donnés fédérale n’accepte qu’un certain niveau de qualité au niveau des entreprises.

Deuxième critère – Les entreprises doivent justifier d’une expérience dans la rénovation de copropriétés

Troisième critère  – Les entreprises doivent avoir une expérience dans la mise en œuvre de projets

« Nous avons établi une liste très ouverte et transparente. Nous avons transmis cette liste à d’autres agences et villes afin qu’elle soit partagée et utilisée par d’autres. »

Dans le même esprit de partage, Geissler conclut « Toute ville intéressée peut nous contacter – nous serons heureux de lui apporter notre aide et de plus amples informations ».

À propos

Auteur

Adrian Hiel

Date de publication

15 septembre 2020