En réponse à la crise énergétique et à la demande des Etats Membres de l’Union européenne, la Présidente de la Commission a proposé d’accélérer la transition vers une plus grande souveraineté et sécurité de notre système énergétique. La Communication publiée le 22 avril propose donc de continuer sur le même chemin, mais d’aller plus vite : « ACCELERATE EU ». Aller plus vite laisse sous-entendre que nous avons trop de délais dans les demandes de connexions de réseau, ou pour les nouvelles installations renouvelables, et qu’il faudrait donc alléger toutes ses normes. Il faudrait aussi centraliser la planification, pour… booster les interconnections transfrontalières et renforcer le réseau.
Et bien sûr, favoriser l’investissement privé, encore trop frileux (vraiment ?).
Il est impossible pour l’exécutif européen de proposer en quelques mois autre chose que la continuité. C’est déjà beaucoup que d’avoir un horizon clair et partagé : nous devons impérativement réduire à zéro nos dépendances et donc être au plus vite « fossil-free ». Mais de crises en crises, comment ne pas repenser le système au-delà ? Comment croire que les lenteurs ne sont qu’administratives ? que les freins ne sont pas tout simplement physiques, qu’il n’est pas possible de raccorder « physiquement » tout le monde en même temps et que pour cela il faudrait surtout une gouvernance adaptée, un espace de décision conjointe entre tous les acteurs pour faire des listes de priorités, pour optimiser les besoins, les repenser ?
C’est un peu la réponse qu’a faite la Ministre espagnole de l’énergie, Sara Aagesen , en proposant un autre plan, une autre méthode : EMPOWER EU ; une méthode qui donnerait à tous les acteurs et actrices un rôle actif, qui permettrait de partager équitablement les bénéfices et les coûts de la transition, une méthode qui nous rendrait vraiment résilient. EMPOWER EU, nous l’avons fait pendant notre Forum annuel : échanger, apprendre, partager, réfléchir en commun à ce qui rendra nos villes fossil-free.
Trois jours riches de découverte dans la capitale verte européenne Guimarães.
Enrico Letta, Président de l’Institut Jacques Delors avait bien identifié dans son rapport d’orientation à la Commission européenne pour ce mandat : il faut revoir nos priorités et assurer une nouvelle liberté, pas celle de mouvement, celle de rester. Avoir accès aux services essentiels, dont l’énergie là où l’on est, avoir des opportunités, c’est ce qui permet de rester sur un territoire oùu l’on a ses attaches. La Commission travaille donc maintenant à sa stratégie « right to stay », et nous vous invitons à répondre à la consultation , (ou à nous envoyer vos idées via ce formulaire). Partager localement les opportunités, la valeur créée, à l’image de la récente loi écossaise « Community Wealth Building Bill », c’est ce qui garantira notre prospérité.