Pourquoi et comment les énergies fossiles auront disparu des bâtiments d’ici 2050

Lisez notre plaidoyer pour des villes et quartiers sans énergies fossiles


En 2050 dans les villes, les énergies fossiles ne seront plus, espérons-le, qu’un vestige du passé. Les technologies renouvelables que nous connaissons déjà, comme les pompes à chaleur et les réseaux de chaleur, permettront d’utiliser une grande variété d’énergies renouvelables pour couvrir les besoins en chauffage des villes. L’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelables, la chaleur fatale, la géothermie et le solaire thermique auront remplacé les combustibles fossiles tels que le gaz naturel. 

Cet objectif ambitieux est crucial et urgent à mettre en œuvre car, comme le rappelle Juergen Czernohorszky, conseiller municipal exécutif de Vienne (Autriche) pour le climat, l’environnement, la démocratie et le personnel, « en 2050, deux tiers de la population mondiale vivront dans des villes. La qualité de cette vie urbaine dépendra largement des décisions que nous prenons aujourd’hui en matière d’infrastructures et de planification. Il est absolument essentiel de prendre les bonnes décisions et de les prendre maintenant, afin de garantir le bien-être des citadins dans des villes vivables et durables« .

En effet, si cette transformation énergétique des villes est possible, le chemin à parcourir est encore long. Les énergies fossiles représentent actuellement 75 % de l’énergie produite pour le chauffage dans le secteur résidentiel et les bâtiments sont responsables de 36 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie dans l’Union Européenne.

De nombreuses collectivités locales souhaitent décarboner leur consommation de chaleur.

C’est le cas de Vienne comme l’explique Juergen Czernohorszky « Nous avons commencé un important processus pour définir une stratégie et une feuille de route pour transformer nos bâtiments existants et nos quartiers. Pour cela, nous nous sommes associés à Energy Cities et 6 autres villes européennes pour développer des solutions durables, accélérer leurs déploiements, et pour partager nos connaissances sur la définition de telles stratégies avec un grand nombre d’autres villes ».

Pourtant les villes sont confrontées à de nombreuses barrières comme le manque de moyens financiers pour mettre en œuvre la planification énergétique et embaucher le personnel nécessaire, les coûts d’investissements élevés, le manque de données, la difficulté d’impliquer les citoyens ou les propriétaires de bâtiments etc.

Nous avons les solutions technologiques, nous avons les sources d’énergie renouvelables et nous avons la volonté de chasser les combustibles fossiles. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un cadre qui nous permette d’agir plus audacieusement et plus rapidement. En tant que conseiller municipal exécutif pour le climat, je ne peux que souligner cette urgence. Le « paquet Fit-for-55 » peut fournir ce cadre

Jürgen Czernohorszky, du conseil municipal de Vienne

En effet, la publication des propositions de la Commission européenne sur la révision des directives sur l’efficacité énergétique (DEE) et sur les énergies renouvelables (DER) le 14 juillet 2021 est très attendue car elle pourrait fournir un cadre plus favorable au développement de la chaleur renouvelable et aider les villes à surmonter certains des obstacles à sa mise en œuvre.

Dans ce plaidoyer pour des villes et quartiers sans énergies fossiles, nous avons identifié les principaux moteurs de la conception de ce cadre national et européen :

  • Créer des conditions équitables pour le développement des énergies renouvelables et des technologies de chauffage décarbonées
  • Fixer des objectifs nationaux et européens clairs pour soutenir les villes
  • Fournir un soutien technique et financier au niveau local
  • Faciliter l’accès aux données

Parallèlement, nous détaillons aussi dans ce document les pistes mises en avant par les villes européennes qui montrent la voie vers un avenir sans combustibles fossiles :

  • Garantir une transition juste et menée par les citoyens (comme la ville d’Eeklo et la coopérative Ecopower).
  • Informer et soutenir les citoyens dans la transition vers des sources d’énergie renouvelables (exemples de Rotterdam, Gand, Lyon ou Winterthur qui offrent un soutien financier et des informations à leurs habitants).
  • Prendre en compte les bâtiments dans leur contexte (rue, bloc, quartier) 
  • Utiliser le principe du zonage pour adapter les solutions au contexte local (l’exemple de Vienne est instructif en ce qui concerne leur méthodologie).
  •  Respecter une hiérarchie en matière d’utilisation des sources de chaleur pour privilégier l’efficacité énergétique et la récupération.
  • Fixer des règles de construction ambitieuses pour des bâtiments à l’épreuve du temps (comme Vienne et Strasbourg).
  • Développer les plateformes de données et les politiques d’open data (exemple de l’Autorité métropolitaine de Londres).

Apprenez-en plus dans ce document sur les obstacles, les solutions et les principales pistes identifiées pour mener à bien la transition du chauffage et de la climatisation dans les villes.