Je n’aime pas trop les articles où l’auteur étale sa vie quotidienne. Pourtant, ce que je retiens de ce mois de janvier, c’est le jour où ma fille m’a demandé de lui signer un droit à manifester…pour le climat.

Elle a 14 ans, elle ne peut sécher les cours sans autorisation, et dans sa classe les débats sont bien plus pertinents que dans les nombreuses conférences auxquelles j’ai pu assister. Le sentiment d’urgence pour ces jeunes est total, et ils demandent aux 4 Ministres belges de l’Énergie (trois pour les régions et un pour le niveau fédéral), qui se sont fait remarqués dans les négociations internationales comme les plus mauvais élèves, de ne pas jouer avec leur futur. Belle unité et cohérence de la jeunesse dans un pays divisé ! En réponse, des universitaires de tout le pays ont proposé une loi spéciale pour la gouvernance des politiques climat et énergie !

Dans l’école de ma fille, ils sont remarquablement organisés, ils feront des quarts, pour qu’une partie de la classe représente l’autre, tous les jeudis, soit 20 jours jusqu’à l’été. Cette proposition a émergé de l’assemblée de l’école réunissant deux élèves par classe. Les enseignants adaptent leurs cours en conséquence, et organisent des débats sur « comment répondre aux journalistes et ne pas se faire manipuler » ; « les solutions contre le changement climatique dans ma ville » ; « comment protéger les petits dans un mouvement de foule »….

Dès le troisième jeudi de mobilisation, les manifestations se sont relocalisées, la semaine dernière 15.000 étudiants et lycéens étaient mobilisés à Liège, et le Maire a reçu une délégation, comme à Gand ou Bruxelles. Leurs revendications ne s’arrêtent donc pas à avoir des Ministres responsables mais s’adressent aussi aux élus locaux pour passer à l’action et transformer le quotidien. En réponse, la majorité de la ville de Bruxelles a voté une motion s’engageant à accélérer la mise en œuvre du plan climat. La ville de Vancouver au Canada a voté une motion similaire face aux manifestations.

Dans son livre « le syndrome de l’autruche », Georges Marshall, philosophe activiste, explique combien il est difficile de convaincre de passer à l’action contre un danger non localisable, ni temporellement, ni spatialement. Le changement climatique est un problème « parfait » pour justifier l’inaction, il n’y a pas d’ennemis. La génération @GretaThunberg, génération emmenée par des jeunes femmes engagées, semble avoir dépassé cette étape (*). Pour elles, l’action c’est maintenant.

L’action climatique est donc au menu de nos discussions familiales, c’est devenu proche, ce n’est plus un phénomène lointain. Les jeunes et le système éducatif ont un puissant pouvoir multiplicateur et de mise à l’agenda. Il faut voir les Ministres réagir, on ne peut pas mentir ni utiliser des arguments chimériques avec les lycéens. 
Même Leonardo di Caprio parle d’eux avec admiration et diffuse l’information.

J’ai vérifié auprès de ma fille, elle n’a aucune idée de qui il est, donc les 600.000 likes de son tweet viennent très probablement des mères !

(*) Harriet O’Shea Carre, Jean Hinchliffe. et Milou Albrecht,en Australie ; Anuna De Wever, Kyra Gantois et Adélaïde Charlier, en Belgique ; Rebecca Hamilton Lilah Willimson au Canada

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Date de publication

26 février 2019