À mesure que les panneaux solaires se multiplient dans les villes européennes, un nouveau défi se pose : comment utiliser toute cette électricité verte au moment même où elle est produite, sans surcharger des réseaux déjà saturés ?
Utrecht transforme une partie de cette solution en un service au quotidien. Ses voitures électriques en autopartage ne se contentent pas de transporter les gens d’un endroit à un autre. Lorsqu’elles sont garées, 50 d’entre elles peuvent stocker de l’énergie solaire produite localement et réinjecter de l’électricité dans le réseau lorsque la demande augmente.
Ce système d’autopartage équipé de la technologie « vehicle-to-grid » a pour résultat marquant d’accroître la flexibilité du réseau électrique local — et de rappeler que les villes n’ont pas besoin d’attendre le renforcement du réseau pour passer à l’action.
À Utrecht, des panneaux solaires ont déjà été installés sur environ 35 % des toits de la ville. Cependant, l’électrification rapide et la production variable d’énergies renouvelables exercent une pression croissante sur le réseau électrique régional. Plutôt que de considérer la mobilité et l’énergie comme des défis distincts, la municipalité a facilité la collaboration entre l’entreprise locale We Drive Solar, l’opérateur d’autopartage MyWheels, le groupe Renault et le gestionnaire de réseau Stedin.
En juin 2025, les partenaires ont mis en service les 50 premières Renault 5 bidirectionnelles. L’objectif est d’étendre la flotte à 500 véhicules, afin de créer une capacité flexible pouvant atteindre 5 MW.
Ce lancement est le fruit de plusieurs années d’essais. Utrecht et ses partenaires ont commencé à explorer la recharge bidirectionnelle il y a plus de dix ans, avant de mener un projet pilote avec Renault en 2019. Cette approche progressive est essentielle. Utrecht n’a pas attendu que toutes les questions techniques et réglementaires soient résolues. La ville a utilisé ces projets pilotes pour rassembler des données concrètes et tester différentes solutions, afin d’éviter de dépendre d’un seul constructeur ou d’une seule technologie. L’équipe municipale, fortement soutenue par le maire, a également instauré un climat de confiance entre les partenaires publics et privés.
Ce modèle crée également de la valeur au-delà du système électrique :
Utrecht s’est appuyée sur des infrastructures réelles et sur le comportement quotidien des usagers pour transformer une expérience en un service urbain concret. Utrecht démontre que la congestion du réseau ne doit pas nécessairement freiner l’électrification locale. Grâce à des partenariats adaptés, les batteries qui font déjà leur apparition dans les rues des villes peuvent contribuer à faire de la place à encore plus d’énergie produite localement.

Cette campagne d’information est menée par Energy Cities en collaboration avec la Convention des maires de l’Union européenne. Chaque mois, nous proposons de nouveaux témoignages et des points de vue originaux sur la manière dont les équipes municipales parviennent à surmonter des obstacles concrets pour mettre en place des services énergétiques hyperlocaux, ancrés dans la communauté, qui apportent des avantages à long terme au territoire.