
Partout en Europe, les villes repensent la manière dont elles chauffent et climatisent leurs bâtiments. Alors que le coût des énergies fossiles ne cesse d’augmenter et que les émissions menacent notre qualité de vie, on assiste à une transition majeure vers des systèmes plus collectifs et sans énergie fossile. Le chauffage et le refroidissement urbains, en particulier, constituent encore une approche nouvelle pour de nombreuses collectivités locales. Et il ne s’agit pas simplement d’installer des canalisations souterraines. Il s’agit d’une refonte complète de l’espace urbain et des infrastructures, qui nécessite des investissements considérables, des travaux de grande envergure et une coordination entre de multiples acteurs.
C’est pourquoi nous avons souhaité recueillir le témoignage de Frederik Ceulemans, de la Ville de Bruxelles, afin de savoir comment ils relèvent ce défi de taille. En tant qu’adjoint au maire, Frederik est chargé d’un vaste portefeuille allant de la rénovation urbaine et du climat à la participation citoyenne et à la culture néerlandophone. Dans cet épisode, il nous a expliqué comment ils ont commencé à planifier et à mettre en œuvre un réseau de chauffage et de refroidissement urbains dans un quartier de Bruxelles caractérisé par une grande diversité sociale. Si vous vous demandez comment concevoir un réseau sans gaz, rentable et pourtant abordable, cet épisode est fait pour vous.
Ce que nous avons retenu de cette conversation, c’est que la Ville de Bruxelles dispose d’une stratégie et d’une vision claires pour l’abandon progressif du gaz. Et elle est déjà activement impliquée dans divers projets. Elle n’a pas choisi la voie de la facilité : Frederik, son équipe et de nombreux partenaires publics et privés expérimentent le chauffage et le refroidissement urbains dans le cadre de deux projets. L’un d’entre eux est mis en œuvre dans un quartier du nord de la ville, qui compte une forte proportion de logements sociaux, mais aussi des bureaux, des bâtiments publics et un immense parc urbain. Ce kilomètre de canalisations s’accompagne d’une transformation urbaine bien plus vaste. Il ne s’agit pas seulement d’une transition technique, mais aussi d’une transition sociale visant à protéger les communautés locales contre les aléas climatiques, les risques liés aux prix et les émissions dangereuses. Bravo pour ce projet pilote très important ! C’est une transformation de quartier qui, une fois achevée en 2028, pourrait inspirer d’autres villes européennes.



Nous avons également interrogé Frederik sur son point de vue concernant le tout récent « Plan d’action pour l’électrification » de l’UE. L’Europe prend enfin des mesures concrètes pour aider à financer les plans locaux de chauffage et de climatisation. Plus précisément, elle prévoit d’apporter un soutien financier à l’élaboration de concepts d’investissement pour ces plans, comme l’exige la législation européenne. Cela suffit-il pour répondre aux besoins des collectivités locales ? Que manque-t-il d’autre ?
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