Retour à Bruxelles : les politiques européennes à suivre d’ici la fin de l’année

Après un premier semestre chargé et un été marqué par la canicule, voici les sujets que nous suivrons de près alors que Bruxelles reprend ses activités.


En août, Bruxelles ralentit le rythme. Les fonctionnaires de l’UE, les lobbyistes et les décideurs politiques partent prendre un peu de repos, et chez Energy Cities, nous profitons également d’un moment de répit avant les mois intenses qui nous attendent.

Car si l’été est l’occasion de déconnecter, la crise climatique, elle, ne fait pas de pause. Chaque été, l’Europe reçoit un signal d’alarme de plus en plus fort. La chaleur étouffante, les incendies de forêt qui font rage et les sécheresses de plus en plus fréquentes nous rappellent brutalement pourquoi nous faisons ce travail, et nous renvoient à nos bureaux avec une détermination encore plus grande à aller de l’avant.

Cette année, l’Europe a été confrontée à une succession de crises : hausse des prix de l’énergie, tensions géopolitiques et catastrophes climatiques qui se succèdent. Tout au long de cette période, nous avons gardé une chose à l’esprit : comment donner aux communautés locales les moyens de renforcer l’indépendance énergétique de l’Europe et de développer leur résilience ?

Nous sommes désormais en septembre. Bruxelles se réveille, tout comme la machine décisionnelle. Voici ce que nous suivrons de près dans les mois à venir.

Placer les énergies renouvelables produites localement au cœur de la sécurité énergétique et de l’accessibilité financière de l’Europe

Vous avez peut-être remarqué que, cet été, l’UE a enfin lancé son plan d’action pour l’électrification. Nous nous sommes réjouis de cette initiative, mais la qualité d’un plan dépend avant tout de sa mise en œuvre. Et cela passe par la mise en place de politiques adaptées.

L’un des points majeurs à suivre sera la révision de la directive sur les énergies renouvelables, la Commission devant publier sa proposition en décembre.

Comme nous l’avons souligné tout au long de l’année, notamment dans notre étude consacrée à la contribution des collectivités locales à la sécurité énergétique et à l’accessibilité financière de l’énergie en Europe, les collectivités locales et les parties prenantes ont un rôle crucial à jouer. Elles peuvent apporter la flexibilité locale dont l’Europe a besoin pour accélérer le développement des énergies renouvelables et l’électrification, et contribuer ainsi à renforcer la sécurité de notre système énergétique.

La souveraineté énergétique de l’Europe ne reposera pas sur une solution unique. Elle résultera de la mise à profit des nombreuses solutions pouvant être développées au niveau local.

C’est pourquoi, dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables, nous souhaitons que cette contribution locale soit dûment reconnue.

Que recherchons-nous ? Un objectif durable en matière d’énergies renouvelables, une collaboration renforcée entre les gestionnaires de réseau et les communes, ainsi qu’un système facilitant la consommation locale de l’énergie renouvelable produite localement. Notre position complète est disponible ici.

D’ici là, nous suivons également la position du Parlement européen concernant la proposition relative aux redevances d’accès au réseau, qui vise à rendre le réseau électrique européen plus intelligent et plus rentable. Cette proposition va globalement dans la bonne direction et pourrait contribuer à rendre l’énergie plus abordable. Nous avons quelques suggestions pour l’améliorer encore davantage, que nous dévoilerons d’ici la fin du mois.

Et tandis que le débat politique se poursuit, nous restons attentifs à ce qui se passe déjà sur le terrain. Dans le cadre de notre campagne « Homegrown Energy », nous continuerons à partager chaque mois des témoignages sur des approches innovantes en matière de production et de consommation d’énergie au niveau local.

Faire avancer les plans locaux de chauffage et de climatisation

Nous poursuivrons également nos efforts pour que la planification locale du chauffage et de la climatisation devienne une réalité dans toute l’Europe.

En vertu de l’article 25 de la directive sur l’efficacité énergétique, les communes et les collectivités locales de plus de 45 000 habitants sont tenues d’élaborer des plans de chauffage et de climatisation. Nous avons toujours clairement affirmé que ces plans constituent un véritable tournant.

Pourquoi ? Parce que c’est au niveau local que l’on peut voir ce qui est réellement possible : c’est là que l’on peut remplacer les combustibles fossiles, développer le chauffage urbain, faire fonctionner différentes solutions ensemble et construire un système de chauffage adapté aux besoins des personnes et des lieux qu’il dessert.

Mais les villes ne peuvent pas y parvenir seules. Elles ont besoin de personnel, de moyens financiers et de données pour transformer un plan en action.

C’est pourquoi, depuis quelques années, nous suivons la manière dont (ou plutôt si) les États membres soutiennent les communes dans la planification locale du chauffage et du refroidissement. Chaque année, nous mettons à jour notre outil de suivi pour voir où les choses avancent et où le soutien fait encore défaut.

Et nous avons une date à noter dans nos agendas : le 12 octobre.

C’est l’anniversaire de l’adoption du mandat sur le chauffage et le refroidissement locaux, et le jour où nous mettons à jour notre outil de suivi. Nous avons également décidé de lui donner un nom : la Journée du chauffage local. (Elle n’est officiellement reconnue par personne d’autre que nous. Pour l’instant.)

Rendre l’abandon progressif du gaz abordable

Nous allons également nous pencher sur les aspects économiques de la sortie progressive du gaz : quelles en sont les implications pour les factures d’énergie aujourd’hui, et pour la valeur des investissements demain ?

En analysant différents scénarios dans plusieurs villes, nous avons commencé à évaluer les avantages économiques liés à l’abandon du gaz et à l’investissement dans des solutions alternatives telles que le chauffage urbain propre. Nous vous en dirons davantage sur ce que cela pourrait signifier pour les villes au cours des prochains mois.

Dans le cadre de notre campagne #MakingHeatSafe, nous mettons également à l’honneur les « héros de la chaleur » locaux qui contribuent à renforcer la sécurité énergétique de l’Europe en supprimant progressivement.

D’autres « héros du chauffage » vont faire leur apparition (et vous pouvez vous joindre à eux !) alors que nous abordons également la question de la sortie progressive du gaz sous l’angle économique.

Donner aux villes les moyens de mettre en œuvre les priorités de l’Europe

Les négociations sur le futur budget de l’UE sont toujours en cours. Alors que nous avons consacré une grande partie du premier semestre à plaider en faveur d’un budget au service des villes et des territoires, le débat entre désormais dans une nouvelle phase.

Le défi consiste à veiller à ce que les fonds parviennent finalement là où des changements doivent avoir lieu.

Nous continuerons à tenir les villes informées de l’évolution des négociations et de leurs implications potentielles pour les investissements locaux. Mais nous étendons également le débat au niveau national, en œuvrant à l’élaboration de plans de partenariat nationaux et régionaux qui répondent aux besoins des villes et en explorant des modèles pour les futurs chapitres territoriaux.

Parallèlement, l’UE s’apprête à rouvrir le débat sur le règlement relatif à l’Union de l’énergie et à l’action pour le climat.

Cela ne semble peut-être pas être la mesure la plus passionnante de la politique européenne. Mais ce règlement constitue l’un des piliers de la transition climatique et énergétique de l’Europe, puisqu’il définit la manière dont les États membres prévoient d’atteindre la neutralité carbone.

La Commission devrait publier sa proposition en décembre. Nous avons déjà clairement exprimé notre position : le prochain règlement doit contribuer à combler le fossé entre les plans nationaux et la réalité sur le terrain. En effet, les projets énergétiques locaux constituent des vecteurs essentiels des stratégies nationales et peuvent contribuer à réduire les formalités administratives, à débloquer des investissements et à atteindre les objectifs climatiques fixés pour 2040.

Préparer l’Europe au climat dans lequel nous vivons déjà

Alors que l’Europe est en proie aux incendies, aux inondations, à la sécheresse et à la canicule, l’UE élabore actuellement un nouveau cadre intégré pour faire face aux risques climatiques, dont la publication est prévue vers la fin de l’année.

Nous suivrons de près ce dossier afin de nous assurer qu’il s’appuie sur une planification locale intégrée, soutenue par un financement prévisible et un accompagnement à long terme. Car la résilience ne commence pas lorsque la catastrophe frappe. Elle commence par la manière dont nous concevons aujourd’hui nos logements, nos rues, nos systèmes énergétiques et nos espaces publics. Cela signifie intégrer la « résilience dès la conception » dans les lieux où vivent les gens.

Cela revêt une importance particulière alors que les villes sont appelées à assumer de plus en plus de responsabilités tout en faisant face à des budgets de plus en plus serrés et à une pression financière croissante.

Les villes ont besoin d’un soutien politique, de ressources financières et d’outils de planification adaptés, comme l’a déjà clairement souligné la convention des Maires. Non seulement pour faire face à la prochaine urgence climatique, mais aussi pour se préparer à un climat qui a déjà changé.

Participez à la discussion et faites entendre votre voix !

La cérémonie de la Convention des maires de l’UE, qui se tiendra le 15 octobre, réunira des maires et des décideurs politiques européens précisément pour mener ces échanges. Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, et le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, se joindront aux élus locaux pour discuter de la sécurité énergétique et de l’action climatique, mais aussi de la désinformation climatique, du financement des actions locales et de bien d’autres sujets.

C’est l’un des moments clés de l’année pour les élus locaux : se réunir à Bruxelles, faire entendre leur voix et contribuer à façonner les politiques qui auront un impact sur leurs communautés. Faites entendre votre voix : n’oubliez pas de vous inscrire pour y participer !

Bruxelles est de retour. Au travail !